Avec les beaux jours, les promenades s’allongent et nos animaux profitent à nouveau du jardin. Mais le printemps signe aussi le retour des parasites et de quelques dangers bien de saison, des chenilles processionnaires aux plantes toxiques. Tour d’horizon des principaux pièges et des bons réflexes pour en protéger votre chien et votre chat.
Puces et tiques : ne baissez pas la garde
Dès que les températures remontent, les tiques reprennent leur activité dans l’herbe, les haies et les sous-bois, et les puces se multiplient. Le plus sûr est de maintenir une protection antiparasitaire toute l’année ; à défaut, reprenez-la dès la fin de l’hiver, avant les premières sorties dans la nature.
Quelques signes doivent vous alerter :
- des petits grains noirs dans le pelage (ce sont des déjections de puces), des grattages, une perte de poils sur le dos ou à la base de la queue ;
- une petite boule sous les doigts quand vous caressez votre animal : c’est souvent une tique, à retirer au plus vite avec un tire-tique.
Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de « puces de parquet » à part : ce sont les œufs et les cocons des puces de nos animaux qui se cachent dans les fentes du plancher et les tapis, parfois pendant des mois. Pour aller plus loin, lisez nos articles sur les tiques et sur le traitement de la maison contre les puces.
Vous partez dans le sud de la France avec votre chien ? La leishmaniose, une maladie grave transmise par un minuscule insecte piqueur, y est fréquente dans certaines régions : parlez-en avec nous avant le départ.
Chenilles processionnaires : une urgence pour le chien
De la fin de l’hiver au printemps, les chenilles processionnaires du pin quittent leur nid de soie blanche, accroché dans les branches, et descendent en file indienne pour s’enfouir dans le sol. En progression vers le nord et l’ouest de la France, elles sont de plus en plus fréquentes, Bretagne comprise.
Leurs minuscules poils urticants libèrent une substance très irritante. Un chien qui les renifle ou les lèche présente en quelques minutes un gonflement de la langue et des babines, une salivation abondante, parfois des vomissements. Sans soins rapides, une partie de la langue peut se nécroser. Les chats sont plus rarement touchés.
- Pour prévenir : tenez votre chien en laisse près des pins à cette période et signalez les nids à votre mairie.
- En cas de contact : rincez doucement la gueule à l’eau claire, sans frotter et en protégeant vos mains, puis venez immédiatement à la clinique.
Une urgence ? Appelez-nous sans attendre
Appelez la clinique au 02 98 85 07 79. En dehors des heures d’ouverture, retrouvez qui joindre (garde de jour, nuit, élevages) sur notre page Urgences.
Plantes et produits de jardin : gare aux intoxications
- Les lys sont extrêmement toxiques pour le chat : lécher un peu de pollen tombé sur son pelage ou boire l’eau du vase peut suffire à provoquer une insuffisance rénale grave. Mieux vaut ne pas en avoir à la maison.
- Le muguet, omniprésent autour du 1er mai, contient des substances toxiques pour le cœur du chien et du chat.
- Les bulbes de tulipes, de jonquilles et de narcisses provoquent surtout des troubles digestifs chez le chien qui les déterre.
- Engrais, désherbants et anti-limaces : rangez-les hors de portée et tenez votre animal à l’écart des zones fraîchement traitées. Les granulés anti-limaces sont particulièrement dangereux.
- Le paillis de cacao contient de la théobromine, la substance qui rend le chocolat toxique pour le chien.
En cas d’ingestion, appelez-nous sans attendre l’apparition de symptômes.
Épillets et vipères : vigilance en promenade
À partir de la fin du printemps, les graminées sèchent et leurs épillets s’accrochent au pelage. Ils peuvent pénétrer dans une oreille, une narine, un œil ou entre les doigts, puis s’enfoncer profondément : inspectez votre animal après chaque promenade (voir les épillets chez le chien et le chat).
Les vipères, elles, sortent d’hibernation dès les premières journées ensoleillées. Dans les landes, sur les talus et dans les friches, gardez votre chien près de vous ; en cas de morsure, consultez immédiatement (voir que faire en cas de morsure de vipère).
La mue : le moment de sortir la brosse
Au printemps, la plupart des chiens et des chats perdent leur poil d’hiver. Un brossage régulier, quotidien en pleine mue pour les poils longs, retire le poil mort, évite les nœuds et permet de repérer parasites et épillets. Chez le chat, il limite aussi les boules de poils : avalés pendant la toilette, les poils peuvent provoquer des vomissements et, plus rarement, une obstruction digestive.
Côté bain, un shampoing de temps en temps ne pose pas de problème, à condition d’utiliser un produit adapté au chien : les shampoings pour humains ne conviennent pas à sa peau. Pour un chien réticent, un gant humide passé sur le pelage suffit souvent. Plus de conseils dans notre article sur la mue chez le chien.
Allergies : quand le pollen fait se gratter
Comme nous, les chiens et les chats peuvent être allergiques aux pollens. Chez eux, l’allergie se manifeste surtout par la peau : démangeaisons des pattes, de la face, des oreilles ou du ventre, léchage excessif, otites à répétition. Si ces signes reviennent chaque année aux beaux jours, parlez-en à votre vétérinaire : la dermatite atopique ne guérit pas, mais elle se contrôle bien avec un suivi adapté.
La visite de printemps
Le printemps est le bon moment pour faire le point : vaccins, protection antiparasitaire, poids après l’hiver, état de la peau et du pelage. Reprenez l’exercice progressivement, surtout si votre chien s’est un peu arrondi, et anticipez les premières chaleurs (voir protéger son animal de la chaleur et du soleil). Pour un bilan complet, prenez rendez-vous.
Questions fréquentes
Quand reprendre le traitement contre les puces et les tiques ?
Idéalement, il ne s’arrête jamais : sous notre climat doux, tiques et puces restent actives une bonne partie de l’hiver. À défaut, reprenez-le dès février ou mars, avant le pic du printemps.
Mon chat vit en appartement : est-il concerné ?
En partie, oui. Il peut attraper des puces rapportées de l’extérieur, les bouquets de lys ou de muguet sont dangereux pour lui, et la mue concerne aussi les chats d’intérieur.
L’essentiel à retenir
- Maintenez la protection contre les puces et les tiques toute l’année, ou reprenez-la dès la fin de l’hiver.
- Chenilles processionnaires : tenez votre chien à distance ; au moindre contact, rincez sans frotter et consultez en urgence.
- Pas de lys à la maison si vous avez un chat ; méfiez-vous aussi du muguet, des bulbes et des produits de jardin.
- Brossez et inspectez votre animal après les promenades : poils morts, tiques et épillets n’y résistent pas.