Conseils vétérinaires

Épillets chez le chien et le chat : symptômes, dangers et prévention

Éternuements, tête secouée, patte léchée… Un épillet peut vite devenir grave chez le chien et le chat. Comment le reconnaître, réagir et l'éviter.

Par l'équipe de la Clinique vétérinaire de l'Élorn · Mis à jour le 17 octobre 2026

Épis de graminées barbus en train de sécher

Chaque été, nous recevons à la clinique de nombreux chiens, et quelques chats, gênés par un épillet. Ce petit morceau de graminée sèche paraît anodin, mais il peut s’enfoncer profondément dans l’organisme et provoquer des lésions sérieuses. Bien le connaître permet de réagir vite et, surtout, de l’éviter.

Qu’est-ce qu’un épillet ?

L’épillet est un petit élément de l’épi des graminées sauvages, comme l’orge des rats, le brome ou la folle avoine. En séchant, il se détache très facilement. Sa forme en fait un redoutable corps étranger : une pointe dure à l’avant, qui perce la peau et les muqueuses, et de fines barbes orientées vers l’arrière, qui l’empêchent de reculer. À chaque mouvement de l’animal, l’épillet ne peut donc qu’avancer.

On en trouve au bord des chemins, dans les friches, les champs et sur les talus, mais aussi dans les pelouses peu entretenues. La période à risque s’étend en gros de mai à septembre, lorsque les herbes sèchent.

Où se loge l’épillet et quels sont les signes ?

L’épillet s’accroche d’abord dans les poils, puis profite des mouvements de l’animal pour progresser. Ce qui doit vous alerter : des signes qui apparaissent brutalement, juste après une promenade dans les herbes.

Localisation Signes d’alerte Risques si l’on attend
Oreille Tête secouée, oreille grattée, tête penchée Otite, perforation du tympan
Entre les doigts Léchage insistant, boiterie, petite boule qui suinte Abcès, progression le long de la patte
Nez Éternuements violents et soudains, nez frotté, parfois saignement d’une narine Migration vers les bronches et les poumons
Œil Œil fermé, larmoiement, rougeur, œil frotté Conjonctivite, ulcère de la cornée, perforation de l’œil
Bouche, gorge Toux, haut-le-cœur, salivation, difficulté à avaler Abcès des gencives, des joues ou de la gorge
Organes génitaux Léchage du fourreau ou de la vulve, écoulement Infection locale
Peau, n’importe où Grosseur douloureuse, plaie qui ne cicatrise pas Abcès, fistule, migration en profondeur

Un épillet qui migre peut ainsi provoquer des abcès à distance, parfois plusieurs semaines après la promenade, jusque dans le thorax ou l’abdomen.

Que faire si vous suspectez un épillet ?

S’il est simplement accroché dans le pelage, retirez-le à la main ou au peigne. En revanche, s’il a pénétré dans une oreille, une narine, un œil ou sous la peau :

  • ne tentez pas de l’extraire vous-même : vous risqueriez de le casser ou de l’enfoncer davantage ;
  • n’instillez rien dans une oreille suspecte : si le tympan est percé, certains produits sont toxiques pour l’oreille interne ;
  • consultez rapidement, dans la journée : un épillet retiré tôt évite bien des complications.

Votre animal est très gêné en dehors de nos horaires (œil fermé, éternuements incessants) ? Consultez notre page urgences.

Comment le vétérinaire retire-t-il un épillet ?

Il faut d’abord le localiser : l’otoscope permet par exemple d’explorer le conduit auditif jusqu’au tympan. Le retrait se fait le plus souvent sous sédation ou anesthésie générale, car l’animal doit rester parfaitement immobile et la manipulation est douloureuse. Lorsqu’un épillet a migré en profondeur, des examens d’imagerie, voire une intervention chirurgicale, peuvent être nécessaires pour le retrouver.

Vétérinaire examinant l'oreille d'un chien noir à l'otoscope
L’otoscope permet de repérer un épillet logé dans le conduit auditif.

Comment éviter les épillets ?

  • Inspectez votre animal après chaque promenade : oreilles (pavillon et entrée du conduit), espaces entre les doigts et sous les coussinets, aisselles, aine, contour des yeux et du nez.
  • Brossez-le régulièrement, tous les jours en saison s’il a le poil long, frisé ou épais (cockers, épagneuls, setters, caniches, bichons…).
  • Faites raccourcir les poils des oreilles et entre les coussinets. Une tonte complète n’est pas nécessaire et prive la peau de sa protection contre le soleil.
  • Évitez les herbes hautes et sèches et les bords de champs en été ; préférez les chemins dégagés.
  • Au jardin, tondez régulièrement et ramassez l’herbe coupée.
  • Pour un chat qui sort, jetez un œil à ses oreilles, à ses yeux et à ses pattes quand il rentre.

Ces inspections vous permettront aussi de repérer les tiques.

Questions fréquentes

Mon chien éternue depuis la promenade : est-ce un épillet ?

C’est très possible. Des éternuements violents et répétés, apparus brutalement après une sortie dans les herbes, sont typiques d’un épillet dans le nez. Consultez dans la journée.

L’épillet peut-il ressortir tout seul ?

Parfois, l’animal l’expulse en éternuant ou en secouant la tête. Mais à cause de ses barbes, il a bien plus tendance à avancer qu’à reculer : en cas de doute, faites vérifier.

Le chat est-il concerné ?

Oui, surtout s’il sort et chasse dans les herbes. Les oreilles, les yeux, le nez et les pattes sont les zones les plus souvent touchées.

L’essentiel à retenir

  • De mai à septembre, les épillets des graminées sèches menacent surtout les chiens à poil long.
  • À cause de leurs barbes, ils ne reculent pas : sans retrait, ils s’enfoncent.
  • Tête secouée, éternuements brutaux, œil fermé ou patte léchée après une promenade : consultez dans la journée.
  • Inspectez et brossez votre animal au retour, et faites raccourcir les poils des oreilles et des pattes.

Une question sur la santé de votre animal ?

Ces conseils ne remplacent pas une consultation. Nos vétérinaires vous reçoivent sur rendez-vous à Landerneau, du lundi au samedi. En cas d'urgence, appelez la clinique.

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