Conseils vétérinaires

Alimentation du lapin de compagnie : foin, verdure, granulés et eau

Foin à volonté, verdure chaque jour, peu de granulés : comment bien nourrir votre lapin pour préserver ses dents et son transit, et les aliments à éviter.

Par l'équipe de la Clinique vétérinaire de l'Élorn · Mis à jour le 17 octobre 2026

Lapin bélier fauve assis dans l'herbe

Le lapin est un herbivore strict, dont tout l’organisme est conçu pour digérer des fibres. Son tube digestif doit fonctionner en continu et ses dents poussent toute sa vie : une alimentation mal adaptée est à l’origine de la plupart des troubles digestifs et dentaires que nous rencontrons en consultation. Voici comment composer le menu de votre lapin.

Pourquoi les fibres sont-elles vitales pour le lapin ?

Les fibres jouent deux rôles essentiels :

  • elles entretiennent le transit. Elles stimulent les contractions de l’intestin et nourrissent la flore du cæcum, la grande poche digestive où le lapin fait fermenter ses aliments. Si l’apport en fibres diminue, le transit ralentit, la flore se déséquilibre et le risque d’arrêt de transit, une urgence chez le lapin, augmente ;
  • elles usent les dents. Le lapin est un lagomorphe : ses incisives comme ses dents du fond (les dents jugales) poussent en permanence. Seule une mastication longue de fourrages fibreux les use correctement ; sinon, elles s’allongent, se déforment et blessent la langue ou les joues : c’est la malocclusion dentaire.

Que doit manger un lapin chaque jour ?

Aliment Quantité Rôle
Foin À volonté, renouvelé chaque jour Base de la ration (environ 80 %) : transit et usure des dents
Verdure fraîche Chaque jour, plusieurs variétés Fibres, vitamines et eau
Granulés riches en fibres Petite quantité Complément en minéraux et vitamines
Fruits, carottes Une à deux fois par semaine Friandise
Eau fraîche À volonté Indispensable au transit

Le foin, à volonté et de qualité

Le foin doit être disponible jour et nuit, en quantité au moins équivalente chaque jour au volume de votre lapin. Choisissez un foin de prairie ou de fléole bien vert, sec et odorant, ni poussiéreux, ni moisi, ni trop cassant. Le foin de luzerne, très riche en calcium et en protéines, est réservé aux jeunes en croissance : chez l’adulte, il favorise l’obésité et les troubles urinaires.

Astuce : les lapins aiment grignoter en faisant leurs besoins ; un râtelier placé près du bac à litière les encourage à manger davantage de foin.

La verdure, chaque jour et variée

Les herbes et feuilles vertes forment le deuxième pilier : salades (romaine, frisée, scarole, mâche), céleri branche, fanes de carotte et de radis, fenouil, plantain, herbes aromatiques (basilic, coriandre, aneth, menthe)… Proposez-en plusieurs sortes chaque jour, lavées et égouttées, en introduisant les nouveautés progressivement, une à la fois.

Quelques précautions :

  • les végétaux riches en calcium ou en oxalates (persil, épinards, blettes, chou kale, pissenlit) se donnent avec modération, surtout si votre lapin a déjà souffert de « boues » urinaires (sablose) ou de calculs ;
  • les choux et le brocoli peuvent provoquer des ballonnements : en petite quantité seulement ;
  • évitez l’herbe de tonte, qui fermente très vite, et les plantes cueillies au bord des routes, dans des zones traitées ou là où vivent des lapins sauvages, porteurs de maladies virales (d’où l’importance de la vaccination).

Fruits et carottes : des friandises

Contrairement à une idée reçue, la carotte n’est pas l’aliment de base du lapin : comme les fruits, elle est riche en sucres. Réservez-les à une ou deux petites portions par semaine.

Les granulés : un complément, pas la base

Les granulés du commerce ne sont pas indispensables. Si vous en donnez, choisissez-les homogènes et riches en fibres, en petite quantité : de l’ordre d’une cuillère à soupe par jour pour un lapin nain, à adapter à son poids et à son activité. En excès, ils réduisent la consommation de foin et favorisent obésité et diarrhées.

Évitez les mélanges de type « muesli » (graines, flocons, morceaux colorés) : trop riches en amidon et en graisses, ils permettent au lapin de trier ses morceaux préférés et favorisent les problèmes dentaires.

L’eau, fraîche et en permanence

Renouvelez l’eau chaque jour. Une gamelle lourde en céramique, qui ne se renverse pas, est préférable au biberon : le lapin y boit dans une position naturelle, et souvent davantage. Si vous utilisez un biberon, vérifiez chaque jour qu’il fonctionne et qu’il est placé à bonne hauteur.

Quels aliments ne faut-il jamais donner à un lapin ?

  • le pain, même dur : riche en amidon, il déséquilibre la flore digestive et n’use pas les dents ;
  • les biscuits, les céréales du petit-déjeuner, les gâteaux et tout aliment humain sucré ou salé ;
  • le chocolat, l’avocat, l’oignon, l’ail, le poireau, la rhubarbe et les pommes de terre crues ;
  • les produits laitiers ;
  • les plantes d’ornement toxiques, comme le laurier-rose, l’if, le muguet ou le lierre.

En cas d’ingestion d’une plante ou d’un aliment douteux, contactez-nous sans attendre (voir notre page urgences).

Comment savoir si l’alimentation de votre lapin est adaptée ?

À surveiller chaque jour :

  • les crottes : nombreuses, rondes, sèches et de taille régulière. Des crottes plus petites, plus rares ou absentes signalent un ralentissement du transit (voir notre article sur les boules de poils et l’arrêt de transit) ;
  • l’appétit : un lapin qui boude son foin doit être examiné rapidement, et le jour même s’il ne mange plus du tout ;
  • les dents : bave, menton mouillé, larmoiement, tri des aliments ou amaigrissement évoquent un problème dentaire ;
  • le poids : un lapin trop rond n’arrive plus à se toiletter ni à récupérer ses cæcotrophes, et se salit l’arrière-train.
Examen de la bouche d'un lapin blanc à l'otoscope
L’otoscope permet de contrôler les dents du fond de la bouche, invisibles à l’œil nu.

Nos vétérinaires reçoivent les lapins et les autres nouveaux animaux de compagnie : à chaque visite, ils contrôlent les dents et le poids de votre lapin.

Questions fréquentes

Mon lapin mange ses crottes : est-ce normal ?

Oui. Outre ses crottes sèches et rondes, le lapin produit des crottes molles et luisantes, les cæcotrophes, qu’il avale directement à la sortie de l’anus, souvent la nuit ou tôt le matin. Riches en vitamines et en protéines, elles sont indispensables à son équilibre.

Mon lapin boude le foin : que faire ?

Réduisez progressivement granulés et friandises, essayez un autre foin, plus frais ou d’une autre variété, et placez-le près de la litière. S’il le délaisse toujours, faites examiner ses dents : une douleur dentaire en est une cause fréquente.

Lapin et cochon d’Inde peuvent-ils manger la même chose ?

Pas tout à fait : le cochon d’Inde a besoin chaque jour de vitamine C, absente des granulés pour lapin (voir notre article sur la vitamine C du cochon d’Inde).

L’essentiel à retenir

  • Le foin, à volonté et de bonne qualité, forme l’essentiel de la ration : il entretient le transit et use les dents.
  • La verdure se donne chaque jour, de façon variée ; fruits et carottes restent des friandises.
  • Les granulés riches en fibres ne sont qu’un complément en petite quantité ; évitez les mélanges de graines.
  • De l’eau fraîche en permanence, de préférence dans une gamelle lourde.
  • Un lapin qui ne mange plus ou ne fait plus de crottes doit être vu en urgence.

Une question sur la santé de votre animal ?

Ces conseils ne remplacent pas une consultation. Nos vétérinaires vous reçoivent sur rendez-vous à Landerneau, du lundi au samedi. En cas d'urgence, appelez la clinique.

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