Conseils vétérinaires

Maladies de la poule de compagnie : symptômes, parasites et prévention

Abattement, chute de ponte, diarrhée, poux rouges… Repérez les signes de maladie chez vos poules, leurs principales causes et les bons gestes de prévention.

Par l'équipe de la Clinique vétérinaire de l'Élorn · Mis à jour le 17 octobre 2026

Coq au plumage doré et noir perché sur un banc de jardin

La poule est devenue un véritable animal de compagnie et, comme le chien ou le chat, elle peut tomber malade. Elle a tendance à masquer ses symptômes : repérer tôt les signes d’alerte fait donc toute la différence. Voici les principales maladies de la poule et les moyens de les prévenir.

Quels signes doivent vous alerter ?

Observez vos poules chaque jour, par exemple au repas, et consultez si vous remarquez :

  • une poule abattue, en boule, plumes ébouriffées, qui reste à l’écart ;
  • une perte d’appétit ou un amaigrissement ;
  • une baisse ou un arrêt de la ponte en dehors de la mue et de l’hiver, ou des œufs anormaux ;
  • de la diarrhée, des plumes souillées autour du cloaque ;
  • des éternuements, une respiration bruyante ou bec ouvert, des écoulements du nez ou des yeux, une tête gonflée ;
  • une boiterie, une paralysie, une tête penchée ;
  • une crête pâle, violacée ou couverte de croûtes ;
  • une poule qui reste longtemps au nid et pousse sans pondre, ou dont le ventre gonfle : elle doit être vue rapidement.

Palpez régulièrement le bréchet, l’os de la poitrine : s’il devient saillant comme une lame, la poule maigrit, souvent avant que cela ne se voie.

Bon à savoir : de temps en temps, la poule émet des fientes caecales, brunes, pâteuses et très odorantes. Elles sont normales.

Quelles sont les principales maladies de la poule ?

Les parasites externes

  • Les poux vivent en permanence sur la poule et se nourrissent de débris de peau et de plumes : démangeaisons, plumage abîmé, lentes à la base des plumes, notamment autour du cloaque.
  • Le pou rouge (Dermanyssus gallinae) est en réalité un acarien. Caché le jour dans les fissures du poulailler, il pique les poules la nuit pour se nourrir de leur sang : poules agitées ou qui refusent de rentrer, crête pâle (anémie), baisse de ponte. Une infestation massive peut tuer. Pour le repérer, inspectez de nuit, à la lampe, les perchoirs et leurs fixations.
  • La gale des pattes, due à un autre acarien, soulève et épaissit les écailles des pattes.

Traitez à la fois les poules et le poulailler.

Les vers et la coccidiose

Les poules hébergent fréquemment des vers : vers ronds (ascaris), vers plats (ténias), capillaires, dont certains logent dans le jabot, ou encore ver de la trachée, qui fait respirer la poule bec ouvert. Vers de terre, limaces et escargots peuvent transmettre certains de ces parasites. Diarrhée, amaigrissement et baisse de ponte en sont les signes ; une infestation massive peut être mortelle. Chez les jeunes, la coccidiose, due à un parasite microscopique de l’intestin, provoque des diarrhées parfois sanglantes et peut tuer en quelques jours : consultez sans attendre.

Plutôt qu’un vermifuge systématique, nous conseillons une coproscopie régulière, par exemple deux fois par an : cette analyse des fientes au microscope identifie les parasites présents et permet de traiter à bon escient, toutes les poules en même temps, en limitant les résistances.

Observation d'un prélèvement au microscope au laboratoire de la clinique
La coproscopie, réalisée au microscope, identifie les parasites internes avant tout traitement.

N’utilisez que des produits prescrits par votre vétérinaire et autorisés chez la poule pondeuse, et respectez le délai d’attente avant de consommer à nouveau les œufs. N’employez jamais d’antiparasitaires pour chiens et chats.

Les maladies infectieuses

Virales ou bactériennes, certaines évoluent très vite et peuvent décimer un petit groupe :

  • la maladie de Marek, due à un herpèsvirus, provoque des paralysies (une patte tendue en avant, l’autre en arrière) et des tumeurs, surtout chez les jeunes poules ;
  • les maladies respiratoires (mycoplasmose, coryza, bronchite infectieuse) : éternuements, écoulements, tête gonflée, baisse de ponte ou œufs déformés ;
  • la variole aviaire, qui forme des croûtes sur la crête et les barbillons ;
  • les infections bactériennes comme la pasteurellose ou la salmonellose, transmissible à l’homme ;
  • l’influenza aviaire et la maladie de Newcastle, maladies réglementées, qui provoquent des mortalités brutales, des troubles respiratoires ou nerveux et un arrêt de ponte. Toute suspicion doit être signalée sans délai à un vétérinaire ou à la direction départementale de la protection des populations (DDPP).

Les causes liées à l’environnement et à l’alimentation

  • Une litière humide et des perchoirs inadaptés favorisent les infections de la plante des pattes (pododermatite), source de boiteries.
  • Un poulailler mal ventilé, chargé en ammoniac, irrite les voies respiratoires.
  • Au-delà de 30 °C environ, une poule qui halète, bec ouvert et ailes écartées, souffre de la chaleur : ombre et eau fraîche sont indispensables.
  • Les poules trient leur nourriture : au profit des graines et des restes, elles délaissent l’aliment complet ou ses fines particules riches en minéraux et en vitamines. Carences, coquilles fragiles, picage, voire œufs mangés peuvent en résulter : distribuez une ration entièrement consommée.
  • Les troubles de la ponte (rétention d’œuf, inflammation de l’oviducte, péritonite) sont fréquents chez les hybrides très productives.

Comment prévenir les maladies chez la poule ?

  • un environnement adapté (voir nos conseils pour bien installer ses poules) : litière sèche, poulailler nettoyé et désinfecté régulièrement, fissures colmatées contre les poux rouges ;
  • une alimentation équilibrée, fondée sur un aliment complet pour pondeuses ;
  • des achats chez un éleveur ou une animalerie sérieux, et une quarantaine d’au moins deux semaines pour toute nouvelle venue ;
  • des mangeoires et des abreuvoirs à l’abri des oiseaux sauvages et des rongeurs ;
  • des mains lavées après chaque passage au poulailler ou ramassage des œufs, surtout chez les enfants.

Faut-il vacciner ses poules ?

Les poulettes vendues en élevage ou en animalerie sont généralement déjà vaccinées, notamment contre la maladie de Marek dès l’éclosion : demandez leur statut vaccinal au vendeur. Les vaccins pour volailles étant le plus souvent conditionnés pour de grands élevages, leur emploi pour quelques poules est délicat : nos vétérinaires vous conseilleront.

Questions fréquentes

Comment emmener sa poule chez le vétérinaire ?

Dans une caisse aérée garnie de paille, pour limiter son stress. À la clinique, les chats et les nouveaux animaux de compagnie disposent d’une salle d’attente séparée de celle des chiens. Apportez si possible des fientes fraîches et notez vos observations : appétit, ponte, poids, début des signes.

Peut-on manger les œufs d’une poule malade ou traitée ?

Demandez conseil à votre vétérinaire : après un traitement, respectez le délai d’attente avant de consommer les œufs ; en cas de maladie infectieuse, ils doivent parfois être écartés.

Les maladies des poules sont-elles transmissibles à l’homme ?

Quelques-unes, comme la salmonellose. Une hygiène simple suffit le plus souvent : lavage des mains, chaussures réservées au poulailler, et pas de bisous à vos poules.

L’essentiel à retenir

  • Abattement, plumes ébouriffées, amaigrissement, chute de ponte ou diarrhée doivent faire consulter.
  • Le pou rouge, un acarien qui pique la nuit, se traite sur les poules et dans le poulailler.
  • Contre les vers, traitez à bon escient après coproscopie, avec un produit autorisé chez la pondeuse et en respectant le délai d’attente.
  • Des mortalités brutales ou des signes respiratoires et nerveux groupés doivent être signalés immédiatement.
  • Environnement sec et propre, alimentation complète, quarantaine et hygiène des mains : les meilleures préventions.

Une question sur la santé de votre animal ?

Ces conseils ne remplacent pas une consultation. Nos vétérinaires vous reçoivent sur rendez-vous à Landerneau, du lundi au samedi. En cas d'urgence, appelez la clinique.

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