De plus en plus de familles accueillent quelques poules au jardin. Elles valorisent une partie des épluchures, fournissent des œufs frais et un excellent engrais, et raffolent des insectes et des limaces. Encore faut-il connaître leurs besoins pour les garder en bonne santé : voici nos conseils.
Quelles poules choisir, et combien ?
Il existe de très nombreuses races, dont plusieurs dizaines de races françaises, comme la Coucou de Rennes en Bretagne. Elles diffèrent par leur taille, leur plumage, leur caractère et leur production (œufs, chair ou mixte). Les hybrides, excellentes pondeuses, vivent en moyenne 4 à 6 ans ; les races pures, souvent plus longtemps.
La poule est un animal social : prévoyez-en au moins deux, idéalement trois ou plus. Inutile d’avoir un coq pour obtenir des œufs : ils ne seront simplement pas fécondés. Le coq peut d’ailleurs se montrer agressif, et son chant matinal gêne parfois le voisinage.
Comment aménager le poulailler ?
Le poulailler doit être sec, aéré sans courants d’air, facile à nettoyer et bien fermé la nuit contre les prédateurs (renard, fouine, rats). Prévoyez :
- des perchoirs, où les poules dorment dès la tombée de la nuit : des barres plates aux arêtes arrondies, assez larges pour soutenir les doigts (environ 7 cm), placées plus haut que les nids, avec une vingtaine de centimètres par poule ;
- un plateau amovible garni de sciure ou de copeaux sous les perchoirs, pour ramasser les fientes chaque jour ;
- une litière (paille, copeaux, chanvre) maintenue sèche et changée chaque semaine ;
- des nids à 50-70 cm du sol, garnis de paille propre, à raison d’un nid pour quatre à cinq poules ;
- une mangeoire et un abreuvoir à l’abri de la pluie, des rongeurs et des oiseaux sauvages.
Dehors, la poule a besoin de gratter, de picorer et de prendre des bains de poussière : comptez un parcours enherbé de 10 à 20 m² par poule, avec de l’ombre, car elle supporte mal la chaleur.
Que mangent les poules ?
La poule est omnivore. Sa ration repose sur :
- un aliment complet pour pondeuses (granulés ou miettes), qui en constitue la base : une poule en consomme en moyenne 100 à 150 g par jour, selon sa taille, la saison et ce qu’elle trouve au parcours ;
- un peu de céréales (blé, maïs concassé), de l’ordre de 20 à 30 g par poule, en fin de journée : en excès, elles déséquilibrent la ration ;
- de la verdure (herbe, salade, orties) et les insectes, vers et limaces du jardin ;
- du grit (petits graviers) en libre-service, indispensable au gésier pour broyer les graines, et des coquilles d’huîtres concassées, source de calcium pour la coquille des œufs ;
- de l’eau propre, renouvelée chaque jour et protégée du gel en hiver.
Quels restes de table leur donner ?
Les restes complètent le menu sans le remplacer : féculents cuits (riz, pâtes), un peu de pain, épluchures et fanes de légumes, fruits abîmés. Évitez en revanche :
- la viande, le poisson et la charcuterie : ils peuvent transmettre des maladies, et l’utilisation de déchets de cuisine d’origine animale pour nourrir des volailles est encadrée par la réglementation sanitaire ;
- les aliments salés, gras, sucrés ou moisis ;
- l’avocat et le chocolat, toxiques pour les oiseaux ;
- les pelures d’oignon, d’ail, de poireau et d’agrumes, ainsi que les pommes de terre crues et leurs épluchures.
La ponte : à quoi s’attendre ?
Une poulette commence à pondre vers 4 à 6 mois, selon sa race. Comptez 100 à 200 œufs par an pour la plupart des races, davantage pour les hybrides, avec une baisse progressive au fil des années. La ponte diminue naturellement en hiver, quand les jours raccourcissent, et s’interrompt 6 à 12 semaines pendant la mue annuelle, généralement au début de l’automne : ce n’est pas une maladie.
Quelques conseils pratiques :
- un œuf factice laissé dans le nid incite les poules à y pondre ;
- ramassez les œufs chaque jour, sans les laver : vous retireriez la fine pellicule qui les protège des bactéries ;
- notez la date de ponte au crayon et consommez-les dans les quatre semaines, en les conservant à température stable.
Que révèle l’aspect des œufs ?
| Anomalie | Cause la plus fréquente |
|---|---|
| Coquille fine ou absente | Début de ponte, déséquilibre en calcium et en phosphore |
| Deux ou trois jaunes | Ovulation irrégulière, fréquente chez la jeune pondeuse |
| Œuf minuscule, sans jaune | Début ou fin de ponte, stress |
| Coquille décolorée | Sans gravité si l’œuf est isolé ; possible infection si cela se répète |
| Coquille déformée | Atteinte de la glande coquillière, qui fabrique la coquille |
| Coquille rugueuse | Œuf resté trop longtemps dans l’oviducte |
| Tache de sang | Petit vaisseau rompu lors de l’ovulation, plus rarement une infection |
Une baisse durable de la ponte en dehors de la mue et de l’hiver, ou des anomalies répétées, justifient une consultation (voir notre article sur les maladies de la poule de compagnie).
Comment les poules vivent-elles en groupe ?
Les poules établissent une hiérarchie stricte : la dominante picore toutes les autres, et chacune picore celles qui lui sont inférieures. C’est normal tant qu’il n’y a pas de blessures. Un picage anormal (plumes arrachées, plaies) révèle plutôt une alimentation déséquilibrée, un manque d’espace ou un environnement trop pauvre.
Pour introduire une nouvelle poule, isolez-la au moins deux semaines, le temps de vérifier qu’elle n’est pas malade, puis installez-la quelques jours dans un enclos grillagé voisin, pour que le groupe fasse connaissance sans bagarre.
Une poule en bonne santé est vive et active, avec un plumage lisse, brillant et propre. Sa crête est rouge vif quand elle pond ; elle pâlit normalement pendant la mue ou l’arrêt de ponte.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer ses poules ?
Oui. Depuis 2006, tout détenteur de volailles, même de quelques poules, doit se déclarer auprès de sa mairie. Lorsque le risque d’influenza aviaire est relevé, le plus souvent en automne et en hiver, des mesures de protection s’imposent, comme la mise à l’abri des volailles ou la pose de filets contre les oiseaux sauvages. Renseignez-vous sur le niveau de risque en vigueur auprès de votre mairie ou sur le site du ministère de l’Agriculture.
Un vétérinaire peut-il soigner une poule ?
Oui. Nos vétérinaires reçoivent les poules comme les autres nouveaux animaux de compagnie, pour un bilan, un trouble de la ponte, des parasites ou une maladie.
L’essentiel à retenir
- Au moins deux ou trois poules, un poulailler sec et fermé la nuit, 10 à 20 m² de parcours par poule.
- L’aliment complet pour pondeuses est la base ; céréales et restes ne sont que des compléments.
- Grit, coquilles d’huîtres et eau propre en permanence.
- La ponte baisse en hiver et s’arrête pendant la mue : c’est normal.
- Déclarez vos poules en mairie et respectez les mesures prises en cas de risque d’influenza aviaire.