Comme le chien ou le chat, le lapin de compagnie doit être vacciné. Deux maladies virales sont en cause : la myxomatose et la maladie hémorragique virale du lapin, ou VHD. Toutes deux sont le plus souvent mortelles, aucune ne dispose de traitement spécifique, et la vaccination reste la seule protection efficace.
La myxomatose : de quoi s’agit-il ?
La myxomatose est due à un virus de la famille des poxvirus. Elle a été introduite volontairement en Australie en 1950, puis en France en 1952, pour réduire les populations de lapins de garenne, avant de se répandre dans toute l’Europe. Au fil des décennies, une partie des lapins sauvages a acquis une résistance héréditaire au virus. Celui-ci n’a pas disparu pour autant, et nos lapins domestiques, qui n’ont pas bénéficié de cette sélection naturelle, y restent très sensibles.
Comment se transmet-elle ?
Le virus est surtout transporté d’un lapin à l’autre par les insectes et parasites piqueurs, en particulier les moustiques et les puces. La contagion directe existe aussi, par contact avec un lapin malade ou avec des objets contaminés. Le risque est maximal de la fin du printemps à l’automne, quand les insectes abondent.
Quels sont les symptômes ?
- paupières gonflées, yeux collés par du pus ;
- gonflement de la tête, des oreilles et de la région génitale ;
- petites bosses sur la peau, notamment sur le nez et les oreilles ;
- écoulement nasal, éternuements, gêne respiratoire ;
- fièvre, abattement, perte d’appétit.
La maladie est très douloureuse et le plus souvent mortelle chez un lapin non vacciné.
La maladie hémorragique virale (VHD) : de quoi s’agit-il ?
Parfois appelée à tort « entérite hémorragique », la VHD est due à un calicivirus qui s’attaque surtout au foie. Elle provoque des troubles de la coagulation et des hémorragies dans de nombreux organes. Apparue en Europe à la fin des années 1980 (VHD1), elle a été rejointe en 2010 par un nouveau variant, le VHD2, aujourd’hui largement répandu en France. Contrairement à la forme classique, qui épargne les lapereaux, ce variant touche aussi les jeunes lapins.
Comment se transmet-elle ?
Le virus est extrêmement résistant : il peut survivre plusieurs mois dans l’environnement. Il se transmet par contact direct entre lapins, mais aussi de façon indirecte, par l’herbe, le foin, les objets, les chaussures ou les vêtements contaminés, ainsi que par certains insectes comme les mouches.
Quels sont les symptômes ?
L’évolution est souvent foudroyante : il n’est pas rare de retrouver le lapin mort sans avoir remarqué le moindre signe. Parfois, on observe une forte fièvre, un abattement, des difficultés respiratoires, des convulsions ou un saignement de nez. Le VHD2 peut aussi donner des formes plus lentes, avec amaigrissement et jaunisse. Il n’existe aucun traitement : seule la prévention protège votre lapin.
Faut-il vacciner un lapin qui vit en intérieur ?
Oui, et c’est sans doute la question que l’on nous pose le plus souvent. Les moustiques entrent dans les maisons, et le virus de la VHD peut être apporté par le foin, la verdure, vos chaussures ou un autre animal. Dans le Finistère comme partout en France, ces deux virus circulent en permanence chez les lapins sauvages : un lapin d’appartement n’est donc jamais totalement à l’abri.
Quand et comment vacciner son lapin ?
La première vaccination peut être réalisée tôt, dès l’âge de 5 semaines pour certains vaccins. Il existe aujourd’hui des vaccins qui protègent en une seule injection contre la myxomatose et les deux formes de VHD ; d’autres protocoles associent plusieurs vaccins. Le choix dépend de l’âge de votre lapin, de son mode de vie et de ses vaccinations antérieures : votre vétérinaire vous proposera le protocole adapté.
Un rappel est ensuite nécessaire, en général chaque année. Si votre lapin n’a pas été vacciné depuis longtemps, ou s’il l’a été avec un ancien vaccin qui ne couvrait pas le VHD2, parlez-en lors de la prochaine consultation : une mise à jour peut être nécessaire.
Quelques points pratiques :
- seul un lapin en bonne santé est vacciné : en cas de maladie, l’injection est reportée ;
- les effets indésirables sont rares et bénins (petite grosseur au point d’injection, fatigue passagère) ;
- la visite vaccinale est l’occasion d’un bilan complet : dents, poids, peau, pelage et alimentation.
Nos vétérinaires accueillent les lapins comme tous les nouveaux animaux de compagnie : vous pouvez prendre rendez-vous en ligne pour la vaccination du vôtre.
Comment renforcer la protection de votre lapin ?
- installez une moustiquaire sur le clapier ou l’enclos extérieur à la belle saison ;
- protégez-le des puces avec un antiparasitaire prescrit par votre vétérinaire : certains produits destinés aux chiens et aux chats sont toxiques pour le lapin ;
- évitez tout contact avec des lapins sauvages et ne cueillez pas d’herbe là où ils vivent ;
- isolez tout nouveau lapin au moins deux semaines avant de le présenter aux autres, et lavez-vous les mains après avoir manipulé un lapin qui n’est pas le vôtre.
Questions fréquentes
La vaccination protège-t-elle à 100 % ?
Aucun vaccin n’offre une protection absolue. Mais un lapin correctement vacciné est très bien protégé contre la VHD et, s’il contracte malgré tout la myxomatose, il développe le plus souvent une forme bénigne, avec quelques bosses sur la peau, dont il guérit.
Mon lapin est âgé : faut-il continuer à le vacciner ?
Oui. L’âge ne protège pas de ces maladies. Votre vétérinaire vérifiera son état de santé avant chaque injection et adaptera le suivi si nécessaire.
Mon lapin peut-il transmettre ces maladies à ma famille ou à mon chien ?
Non. La myxomatose et la VHD ne se transmettent ni à l’homme, ni au chien, ni au chat.
L’essentiel à retenir
- La myxomatose et la VHD sont deux maladies virales souvent mortelles, sans traitement spécifique.
- Même un lapin d’intérieur est exposé : insectes, foin, verdure ou chaussures peuvent apporter les virus.
- La vaccination est possible dès quelques semaines de vie, avec un rappel en général annuel.
- Vérifiez avec votre vétérinaire que la protection de votre lapin couvre bien le VHD2.
- Moustiquaire, lutte contre les puces et hygiène complètent la vaccination.