Conseils vétérinaires

Encéphalitozoonose du lapin : tête penchée, symptômes et traitement

Tête penchée, pertes d'équilibre, troubles oculaires : l'encéphalitozoonose est une maladie parasitaire fréquente du lapin. Symptômes, traitement et prévention.

Par l'équipe de la Clinique vétérinaire de l'Élorn · Mis à jour le 17 octobre 2026

Consultation d'un lapin à la clinique

Votre lapin penche soudain la tête sur le côté, perd l’équilibre ou roule sur lui-même ? L’encéphalitozoonose fait partie des causes les plus fréquentes de ces troubles. Due à un parasite microscopique très répandu, cette maladie se soigne, d’autant mieux qu’elle est prise en charge rapidement.

Qu’est-ce que l’encéphalitozoonose ?

Elle est causée par Encephalitozoon cuniculi, un parasite microscopique qui vit à l’intérieur des cellules. Longtemps classé parmi les protozoaires, il appartient en réalité aux microsporidies, un groupe proche des champignons. Il se loge surtout dans le système nerveux et les reins, plus rarement dans l’œil.

Ce parasite est très répandu : selon les études, une large part des lapins de compagnie, souvent plus d’un sur trois, a déjà été en contact avec lui. La grande majorité reste porteuse sans jamais tomber malade. La maladie ne se déclare que chez une minorité, parfois à la faveur d’un stress, de l’âge ou d’une autre affection.

Comment le lapin se contamine-t-il ?

Un lapin infecté élimine des spores du parasite dans ses urines, de façon irrégulière. Ses congénères se contaminent en avalant de la nourriture, du foin ou de l’eau souillés. La mère peut aussi transmettre le parasite à ses petits pendant la gestation : c’est l’origine des formes oculaires du jeune lapin. Les spores résistent plusieurs semaines dans l’environnement, d’où l’importance de l’hygiène.

Quels sont les symptômes ?

Des signes neurologiques, les plus fréquents

  • tête penchée sur le côté (torticolis), apparue parfois du jour au lendemain ;
  • pertes d’équilibre, chutes, lapin qui roule sur lui-même ou tourne en rond ;
  • mouvements saccadés et involontaires des yeux (nystagmus) ;
  • faiblesse ou paralysie partielle des pattes arrière, tremblements, plus rarement convulsions.

Des signes oculaires

Une inflammation de l’intérieur de l’œil (uvéite) ou une cataracte, souvent d’un seul côté, parfois avec une petite masse blanchâtre visible dans l’œil. Ces formes concernent surtout les jeunes lapins.

Des signes rénaux

Une atteinte chronique des reins peut se traduire par une soif et des urines plus abondantes, un amaigrissement et une baisse d’appétit, surtout chez le lapin âgé.

Fatigue, perte d’appétit et ralentissement du transit accompagnent souvent ces troubles. Or un lapin qui ne s’alimente plus est rapidement en danger (voir notre article sur l’arrêt de transit du lapin).

Quand faut-il consulter ?

Une tête penchée apparue brutalement, des pertes d’équilibre ou un lapin qui cesse de manger justifient une consultation le jour même. Plus les soins commencent tôt, meilleures sont les chances de récupération.

Une urgence ? Appelez-nous sans attendre

Appelez la clinique au 02 98 85 07 79. En dehors des heures d’ouverture, retrouvez qui joindre (garde de jour, nuit, élevages) sur notre page Urgences.

Comment le vétérinaire pose-t-il le diagnostic ?

Aucun examen simple ne confirme à lui seul la maladie chez un lapin vivant. Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments :

  • l’examen clinique et neurologique ;
  • l’examen des oreilles, car une otite interne d’origine bactérienne peut provoquer les mêmes signes et se traite différemment ;
  • une prise de sang : la sérologie indique si le lapin a été en contact avec le parasite, et le bilan sanguin renseigne sur le fonctionnement des reins ;
  • si besoin, des examens d’imagerie (radiographie, scanner) pour explorer l’oreille moyenne.

Comment soigne-t-on l’encéphalitozoonose ?

Le traitement associe généralement :

  • un antiparasitaire spécifique, donné par la bouche pendant plusieurs semaines ;
  • des anti-inflammatoires, et des antibiotiques si une otite ou une infection associée est suspectée ;
  • des soins de soutien, souvent décisifs : réhydratation, alimentation assistée à la seringue pour maintenir le transit, soins des yeux si nécessaire.

Le choix des médicaments, des doses et de la durée revient au vétérinaire, qui l’adapte à chaque lapin. N’utilisez jamais un vermifuge sans avis : certains antiparasitaires sont dangereux pour le lapin.

Comment aider votre lapin à la maison ?

  • installez-le dans un petit espace calme, au sol, bien rembourré (serviettes, plaids) pour qu’il ne se blesse pas en perdant l’équilibre ;
  • placez foin, verdure et une gamelle d’eau peu profonde à portée immédiate ;
  • donnez l’alimentation assistée prescrite s’il ne mange pas seul ;
  • changez souvent la litière et nettoyez délicatement son arrière-train s’il se salit ;
  • pesez-le chaque jour et surveillez la quantité de crottes.

Le pronostic est souvent favorable, surtout si le lapin continue de manger. Une légère inclinaison de la tête peut persister, mais la plupart des lapins s’y adaptent très bien et retrouvent une vie normale.

Peut-on prévenir l’encéphalitozoonose ?

Il n’existe pas de vaccin contre cette maladie. La prévention repose sur l’hygiène : nettoyage régulier de la litière et de l’enclos, foin dans un râtelier plutôt qu’au sol, gamelles lavées souvent. Avant d’accueillir un nouveau lapin, demandez conseil à nos vétérinaires, qui suivent les lapins et les autres nouveaux animaux de compagnie : un dépistage ou un traitement préventif peut être proposé selon la situation.

Questions fréquentes

L’encéphalitozoonose est-elle transmissible à l’homme ?

C’est possible mais exceptionnel, et cela concerne surtout les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies. Lavez-vous les mains après avoir manipulé votre lapin ou nettoyé sa litière ; une personne immunodéprimée laissera si possible cette tâche à un autre membre de la famille.

Mon lapin est séropositif mais en pleine forme : faut-il le traiter ?

Pas forcément. Un résultat positif signifie seulement que votre lapin a été en contact avec le parasite. Votre vétérinaire évaluera l’intérêt d’un traitement selon le contexte : autres lapins au foyer, arrivée d’un nouveau compagnon, état de santé général.

Mes autres lapins risquent-ils d’être contaminés ?

Ils ont souvent déjà été exposés, puisqu’ils partagent le même environnement. Renforcez l’hygiène de la litière et des gamelles, et demandez-nous conseil : un dépistage des congénères peut être utile.

L’essentiel à retenir

  • L’encéphalitozoonose est due à un parasite microscopique éliminé dans l’urine ; de nombreux lapins sont porteurs sans être malades.
  • Tête penchée, pertes d’équilibre, troubles oculaires ou rénaux doivent faire consulter rapidement.
  • Une otite interne peut donner les mêmes signes : seul l’examen vétérinaire permet de faire la différence.
  • Le traitement dure plusieurs semaines et s’accompagne de soins de soutien ; la plupart des lapins récupèrent bien.
  • L’hygiène de la litière et la prudence lors de l’arrivée d’un nouveau lapin limitent la contamination.

Une question sur la santé de votre animal ?

Ces conseils ne remplacent pas une consultation. Nos vétérinaires vous reçoivent sur rendez-vous à Landerneau, du lundi au samedi. En cas d'urgence, appelez la clinique.

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